Le marais calcaire de la vallée de la Superbe
Définition

NATURA 2000 QU'EST-CE QUE CELA SIGNIFIE ?

Les députés européens ont décidé depuis déjà plusieurs années, d'exiger des pays membres de l'Europe de placer une certaine surface de leur territoire en zone NATURA 2000, ceci afin de préserver des habitats naturels remarquables (rares) possédant faune et flore exceptionnelles. Ce sont des lieux qui sont peu explorés et qui recèlent probablement des éléments indispensables à la survie de la planète (eau, plantes médicinales, nourriture, ecosystèmes…)

La France a choisi les zones appropriées ; ces terrains restent la propriété de ceux à qui ils appartenaient. Les propriétaires sont tenus de respecter certaines consignes qui visent à préserver les dits habitats naturels exceptionnels. Les protocoles sont établis en concertation avec les propriétaires au cours de commissions de travail. Sont exclues de ces zones les terres agricoles, les zones urbaines et industrielles. Pour entretenir les zones Natura 2000 l'Europe propose des subventions.

Dans notre région ont été proposé : des zones de marais, des massifs forestiers, des plateaux calcaires, les savarts ou garennes. Et plus particulièrement le marais de la Vallée de la Superbe sur le territoire des communes de St Saturnin de Vouarces et de Boulages.

Quatre objectifs ont été déterminés :

-Conserver les habitats de tourbières et de marais typiques du site.
-Préserver les habitats aquatiques et les espèces associées.
-Promouvoir une gestion sylvicole favorable aux espèces et habitats forestiers.
-Inciter à des pratiques sylvicoles plus extensives en peupleraies

Vous pouvez consulter :www.natura 2000.environnement.gouv.fr

La faune

APIS MELLIFICA – Abeille domestique

Originaire d'Asie du sud, elle est bien représentée en Europe. Elle s'hybride facilement avec l'abeille d'Italie qui a une tache orange très marquée. Elles vivent à l'état sauvage ou dans des ruches. Organisées en colonies elles construisent des rayons verticaux contenant des cellules hexagonales qui abritent le couvain, le miel et le pollen. (La guêpe construit des rayons horizontaux).

 

ARGIOPE BRUENNICHI

Aime les lieux bien ensoleillés, elle fait partie des araignées orbiculaires cad. Tisseuses de toiles circulaires, spiralées et aériennes, toutes pourvues d'un tracé central plus dense nommé stabilimentum  ; sa proie immobilisée par des fils, elle lui injecte un produit qui liquéfie les chairs car elle ne peut absorber que des liquides. Elle pond des oeufs dans une urne protectrice, les œufs y resteront jusqu'au printemps suivant, l'araignée adulte mourrant des les premières gelées.

 

CYNTHIA CARDUI – Belle Dame

Papillon migrateur venant de l'Europe du sud, en France d'avril à septembre. La chenille est gris noir rayée de jaune, elle vit et se nourrie de chardons, d'orties et de bardane. Assez répandue, absente en Amérique du sud.

VANESSA ATALANTA - Vulcain

Papillon migrateur originaire du sud de l'Europe, il remonte vers le nord au printemps. Il pond ses œufs de mai à septembre sous les feuilles d'orties que mangent les chenilles. Le vulcain butine les fleurs et les fruits fermentés.

 

INACHIS IO – Paon du jour

Hibernant dans les lieux sombres et humides en France , il sort dès les premiers rayons de soleil, s'accouple et pond ; il s'ensuivra une première génération printanière, laquelle en donnera une seconde dite estivale et hivernante. La chenille est épineuse mais non urticante.

 

APATURA IRIS – Mars changeant

Il vole au niveau de la cime des arbres dans les bois, mais on peut l'observer près des mares et sur les excréments. La jeune chenille hiberne sur les saules et ressemble à un escargot vert sans coquille.

 

EUDIA PAVONIA – Petit paon de nuit

Il vit en zone tempérée, dans les bois de feuillus, les landes, les prairies et les tourbières. Le jour le mâle cherche la femelle qui est nocturne. La chenille vit sut les plantes herbacées, les buissons ; La nymphose se fait dans un cocon fixé sur une écorce. La chrysalide hiberne.

 

CALLITEARA PUDIBONDA = ELKNERIA P. = DASYCHIRA P. Orgyie pudibonde

Papillon de nuit, l'adulte ne se nourrit pas. Le thorax, la tête et les pattes sont très velues, il est gris ou marron et à la particularité de tenir ses pattes avant en avant. L'orgyie vit longtemps sous forme de chenille, elle mange les feuilles des arbres à feuilles caduques, surtout le hêtre.

 

PAPILIO MACHAON – Machaon

La chenille vit sur des ombellifères dont elle se nourrit. Elle se fixe à un support par une ceinture lombaire en soie pour se transformer un chrysalide puis en papillon ; Une génération au nord de l'Europe et deux au sud. On peut l'observer dans les jardins, les forêts et les friches.

 

MANTIS RELIGIOSA – Mante religieuse

Insecte prédateur, elle chasse à l'affût dans les friches et les buissons ensoleillés. Sa tête est très mobile, elle saisit ses proies avec ses pattes avant. Au repos les ailes sont repliées dans le dos. La ponte est réunie dans une oothèque qui protège les œufs pendant l'hiver ; Les larves et les imagos sont carnivores, la mante mange des insectes. Elles vivent surtout sous les tropiques et 18 espèces peuplent l'Europe, le sud de la France jusqu'au sud de la Champagne.

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VESPERTILION DE BECHSTEIN

Carte d'identité
Synonyme : murin de Bechstein
Nom scientifique : Myotis bechsteinii
Classification : Mammifère, Chiroptère
Taille : 45- 55 mm
Envergure : 250- 290 mm
Poids : 7- 12 g
Espérance de vie : inconnue (exceptionnellement 21 ans)
Présence : toute l'année
Site de reproduction : arbres à cavités, arbres morts
Site d'hibernation : arbres à cavités, arbres morts et cavités souterraines naturelles ou artificielles
Nombre de jeunes : 1 jeune par an
Période de reproduction : de mai à septembre
Période d'hivernage : de novembre à mars
Alimentation : insectes au vol lent (mouches et papillons de nuit)
Protection : protection des gîtes de reproduction et d'hibernation. Maintien d'arbres creux et morts.
Statut : rare

Identifier
Cette chauve-souris forestière de taille moyenne a un pelage relativement long. Son dos est brun pâle à roussâtre et son ventre est gris clair. Les oreilles sont très longues et assez larges. Lorsqu'elles sont rabattues en avant, elles dépassent le museau. Son vol est lent, très agile et papillonnant. Avec ses ailes très larges, sa portance lui facilite les mouvements lents et contrôlés dans des espaces restreints. À la nuit tombée, il chasse à faible hauteur (1 à 5 m audessus du sol), voire au sol, à proximité de son gîte, dans un rayon d'environ deux kilomètres. C'est uneespèce sédentaire, qui ne s'éloigne que rarement de ses gîtes.

Observer
Cette espèce peut être observée en hiver en cavité souterraine. Mais il faut prendre garde de ne pas la déranger. Elle est aussi présente en été, mais de façon très discrète dans des arbres creux ou à l'entrée de cavités souterraines. La discrétion des gîtes de cette espèce est telle que la première colonie de reproduction de cette espèce n'a été repérée qu'au XIX siècle. La naissance de l'unique jeune survient à la fin du mois de juin. En été, les mâles sont solitaires. Globalement, cette espèce apparaît rare.
Le vespertilion de Bechstein est opportuniste. Il chasse une grande variété de proies, mais principalement des insectes. Il se nourrit de proies qui ont une vitesse de déplacement faible telles que des papillons de nuit, des mouches, des coléoptères qu'il peut parfois glaner directement sur le feuillage. Ses terrains de chasse sont situés en général à proximité de ses gîtes (1- 2 km ). Il chasse surtout dans les forêts feuillues âgées avec un sous-bois dense, ainsi que dans les plantations de pins, les clairières, les parcelles de régénération, les coupe-feu, les layons forestiers, les zones de bocage, les parcs et jardins en présence de ruisseaux, mares ou étangs.
Ses gîtes de reproduction sont principalement des arbres creux ou fi ssurés, dans des trous de pics, etc. Il occupe très rarement des bâtiments. Il colonise les nichoirs et change fréquemment de gîtes. Ses gîtes de reproduction sont toujours très proches, voire situés au milieu des terrains de chasse.
Il hiverne principalement dans les arbres creux mais se rencontre aussi occasionnellement dans le milieu souterrain naturel (grottes) ou artifi ciel (mines, galeries, tunnels...) où la température ambiante se situe entre 3 et 7 °C . L'accès au gîte peut se faire en vol direct mais aussi en rampant. Lorsqu'il hiverne, le vespertilion de Bechstein garde ses oreilles dressées. On le retrouve généralement isolé, accroché à la paroi ou à la voûte, mais aussi enfoncé dans des fissures.

Protéger
L'abattage des arbres creux, des vieux arbres ou des arbres morts détruit les gîtes de reproduction et d'hibernation de l'espèce. Une autre menace consiste en la régression de la diversité, de la quantité et de la qualité des proies, en raison du remplacement de forêts feuillues indigènes par des plantations d'essences non indigènes.
Il faut conserver les arbres présentant des fissures ainsi que décollements d'écorces (1 à 2 arbres par hectare de forêt) et maintenir de vieilles futaies de feuillus (diamètre des bois > à 40 cm ) potentiellement intéressantes pour leur offre en cavités.
Les gîtes d'hibernation doivent être protégés par un statut légal (réserve naturelle, cavité souterraine d'intérêt scientifique) et correctement aménagés afin d'empêcher les intrusions humaines non désirées durant la période d'hibernation (d'octobre à avril) et de permettre un accès aux chauves-souris en vol direct.
Les terrains de chasse devront être aménagés en fonction des exigences de l'espèce. C'est-à-dire qu'il faut conserver et restaurer des zones de liaison entre les différents terrains de chasse et les gîtes (haies, bandes boisées feuillues, lisières), maintenir les bosquets, les vieilles futaies irrégulières, les taillis sous futaies, et conserver des troncs morts sur pied. La conversion des forêts de résineux en forêts feuillues indigènes est aussi recommandée.

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PATRIMOINE ECOLOGIQUE DU MARAIS DE LA SUPERBE

Le Marais de la SUPERBE est l'un des derniers marais tourbeux alcalins des départements de la Marne et de l'Aube. Troisième tourbière de la région, ce marais abrite un ensemble de milieux humides composés d'une faune et une flore remarquables.

Avec une mosaïque de 8 habitats naturels d'intérêt communautaire, inscrits à l'annexe1 de la Directive Habitats , le site est particulièrement riche en milieux naturels d'exception. Ces habitats remarqués par l'Europe sont typiques des zones humides des dépressions et vallées de la Champagne Crayeuse  : ce sont les mares, rivières, tourbières, marais et forêts alluviales du Marais de la Superbe, où peuvent se développer les 16 plantes rares ou protégées.

En parallèle, la spécificité du site vient aussi de la faune :
Dans la Superbe , ce sont au total 29 espèces de poissons qui sont présentes, soit la quasi totalité des espèces piscicoles recensés dans le bassin de la Seine en amont de Paris. Parmi ces poissons quatre sont protégés en Europe : la bouvière, le chabot, la loche de rivière et la lamproie de Planer.

Y en a des poissons dans la Superbe  !

Ce relevé a été pratiqué le 18 septembre 2009 par le moyen d'une pêche électrique en continu ; durée 105mn, longueur de rivière inspectée : 150m.

Ablette 33 soit 2.15 %
Anguille 5 0.33 %
Barbeau 14 0.91 %
Brochet 9 0.59 %
Chabot 24 1.56 %
Chevesne 114 7.42 %
Epinochette 3 0.20 %
Gardon 159 10.35 %
Goujon 206 13.54 %
Hotu 26 1.69 %
Loche franche 53 3.45 %
Lamproie de Planer 18 1.17 %
Perche 4 0.26 %
Perche soleil 1 0.07%
Rotengle 1 0.07 %
Spirlin 27 1.76 %
Truite 1 0.07 %
Vairon 790 51.43 %
Vandoise 46 2.99 %
Total 1536 poissons sur 150 m de rivière.

LA LOCHE DE RIVIERE

Dénommée Cotibis taenia , elle a le corps allongé et presque cylindrique, sa peau est dépourvue d'écailles ; sa tête est petite et conique., la bouche est entourée de six barbillons. Le dos est brun, jaunâtre, les flancs jaunes sont marqués de deux séries longitudinales de tâches brunes, le ventre est blanchâtre. Longueur totale de 8 à 15 cm.
Habitat : Cours inférieur des rivières et lacs clairs sur substrat de sable envasé.
Activité et reproduction : Crépusculaire elle passe la journée enfouie dans la vase ou le sable. Elle se reproduit d'avril à juillet, dans les zones courantes et peu profondes. La femelle pond ses oeufs parmi les pierres et la végétation aquatique.
Alimentation : invertébrés aquatiques ( vers, petits crustacés, larves d'insectes)
Répartition : en France la loche de rivière était autrefois largement répandue. En 1992 elle n'est présente que dans le nord est ( bassin seine et meuse).

LA LAMPROIE DE PLANER

Lampetra planeri est un survivant des temps anciens ; elle est assez primitive et a le corps serpentiforme, sa peau est dépourvue d'écailles, la tête se distingue peu du corps, la bouche forme une ventouse munie de dents cornées, et sept petits trous branchiaux sont visibles en arrière de l'oil. Elle est le seul poisson à n'avoir qu'une narine. Le dos est bleu vert, les flancs jaunes et le ventre blanc nacré. Elle n'a pas d'arête mais seulement un squelette flexible en cartilage. Longueur : 12 à 20 cm.
Habitats : Ruisseaux et petites rivières à cours lent.
Activité et reproduction : La lamproie de planer remonte le cours de sa rivière pour se reproduire ; ovipare la femelle pond 1000 à 1500 oufs dans un nid qu'elle creuse dans le sable en avril mai. Les jeunes ou amnocètes ressemblent aux adultes mais sont aveugles et ont la bouche dépourvue de dents. Ils vivent dans la vase pendant 3 à 5 ans. Puis les yeux se développent et le tube digestif s'atrophie et les larves se métamorphosent en adultes.
Alimentation : les jeunes mangent des organismes microscopiques en filtrant l'eau par leurs branchies, mais adultes, ils ne se nourrissent plus jusqu'à leur mort qui survient après la reproduction.

Il existe deux autres sortes de lamproie : lamproie de mer et lamproie de rivière qui se distinguent de la Lamproie de Planer par le fait qu'elles vivent et grandissent dans la mer et se reproduisent dans les eaux douces des rivières. La Lamproie de Planer vit uniquement en rivière.
Note de pêcheur : à l'automne, je pêchais à la « petite bête », larve de mouche de mai que je trouvais dans la vase. En fouillant la vase je trouvais parfois des lamproies. Les pêcheurs se servent des larves de lamproie pour pêcher le brochet. Ils l'appellent « la chatouille » car en se tortillant dans le creux de la main la larve chatouille l'épiderme.
Conçu avec l'aimable concours de la cigale.

LA BOUVIERE

Nommée Rhodeus amarus, elle a un corps très bossu et comprimé latéralement, le dos est gris vert à reflets argentés, les flancs sont marqués d'un trait longitudinal bleu noir, le ventre est blanc rosé. Au moment de la reproduction son dos devient violet et son ventre rouge.
Habitat : eaux lentes ou stagnantes.
La présence de moules d'eau douce est indispensable à la reproduction.
Reproduction : D'avril à juin. Pendant cette période chaque mâle s'attribue un territoire contenant une moule et le défend contre les intrus. La femelle tapote trois fois sur la coquille de la moule qui s'entrouvre légèrement , la bouvière femelle sort de son ventre un long tube rose de ponte qu'elle introduit délicatement à l'intérieur de la moule où elle pond trois oufs. L'opération recommence jusqu'à ce qu'une centaine d'oufs soient déposés dans la moule. Le mâle féconde les oufs en aspergeant la moule de sa semence qui est aspirée au cours des mouvements d'eau que produit la moule. Les oufs vont se développer et les alevins éclore dans la moule ; ils se nourrissent de leur sac vitellin et des excrétions de la moule. Ils resteront dans la moule deux à trois semaines jusqu'à ce qu'ils soient assez grands pour survivre seuls. La moule a fait office de nounou, mais c'est un échange de bon procédé, car au moment de la ponte de la bouvière, la moule a éjecté ses propres larves qui sont allées s'accrocher sur les écailles et la queue de la bouvière qui de son côté élève les larves de moules. Quand les larves se métamorphosent en moules elles tombent au fond de l'eau, dispersées au gré des déplacements de la bouvière.
Perspective :la survie des moules de rivière est problématique, d'où le déclin des bouvières ; certaines personnes élèvent des bouvières en aquariums et les rejettent de temps en temps à l'eau ; ceci aide au maintien des populations ; il faudrait favoriser le développement des populations de moules. Les ragondins et les rats musqués consomment les moules et contribuent eux aussi à leur raréfaction. Les moules sont aussi sensibles à la pollution des eaux. Merci encore une fois à ceux qui déversent des produits dangereux dans l'eau !
Alimentation : petits invertébrés aquatiques (larves d'insectes et crustacés)

NB. la moule d'eau se nomme : anodonte c'est-à-dire « sans dent » ; c'est préférable pour la femelle bouvière qui introduit son oviducte dans la moule. La moule de mer à des dents. !

LE CHABOT

Nommé aussi Cottus gabio, il a le corps allongé et cylindrique, la peau est enduite d'un abondant mucus couvrant les écailles minuscules et peu visibles, la tête est énorme et plate, le ventre blanchâtre ;Il est long de 10 à 15 cm.
Habitat : Eaux vives et fraîches sur substrat de sable et de gravier. Fréquemment associé à la truite commune.
Activité et reproduction : solitaire, se tient toujours au fond de l'eau, il n'a pas de vessie natatoire qui puisse le faire flotter. Discret, il demeure caché sous les pierres pendant la journée. Il se déplace très rapidement en expulsant de l'eau par ses ouïes réalisant une véritable propulsion à réaction. Il se reproduit de mars à juin ; le mâle aménage un nid où la femelle pond de 100 à 500 oufs.
IL se nourrit de petits invertébrés aquatiques à savoir crustacés, mollusques et larves d'insectes.
Répartition : le chabot est un poisson très discret, présent dans toutes les eaux froides ; il est commun en France mais protégé au niveau européen.


Les sens de la vision et de l'odorat des poissons sont très diversement développés d'un poisson à l'autre. Le brochet, qui chasse à vue, a un odorat très grossier. A l'inverse l'anguille, qui chasse de nuit, a une très mauvaise vue mais un odorat exceptionnel. D'une manière générale, la vision des poissons est relativement peu développée dans la mesure où la moitié de la lumière du jour a déjà disparu à dix mètres de profondeur. Les poissons sont avant tout sensibles aux objets en mouvement.

HUMER L'anguille est capable de déceler la présence d'un dé à coudre d'une substance odorante dans plus de cinquante fois le volume d'eau du Léman. Les vairons recon- naissent plus de quinze sortes différentes de poissons à l'odeur. Ils utilisent ce moyen pour communiquer en cas de danger, en sécrétant des odeurs de peur. Les saumons et les truites retrouvent leur rivière natale grâce au bouquet fluviatile formé par toutes les odeurs contenues dans l'eau.

GOÛTER Certains poissons comme les silures, les poissons-chats et les barbeaux possèdent des récepteurs de goût au bout de barbillons spécialisés qu'ils utilisent pour fouiller le fond des lacs et des rivières. Ces récepteurs sont particulièrement utiles dans les eaux turbides, là où la visibilité est limitée.

ENTENDRE L'eau est un excellent transmetteur des sons, et les poissons sont loin d'être sourds. Certains utilisent leur vessie natatoire comme caisse de résonance. Plu- sieurs espèces émettent des sons particuliers à certaines époques, notamment pendant la reproduction. Les oreilles internes des poissons sont également des organes responsables de l'équilibre. Elles contiennent de petites pierres, les otolithes, qui permettent au poisson de savoir où se trouvent le haut et le bas, autrement dit le fond et la surface, et cela, même dans le noir le plus complet.

SENTIR La surface de la peau porte de nombreuses cellules sensibles au toucher, particulièrement aux alentours de la bouche. Ces récepteurs permettent au poisson de se maintenir face au courant et de détecter d'infimes variations de température.

C'EST DANS LA POCHE! La vessie natatoire est une poche située dans le ventre du poisson, qui lui permet de se stabiliser à une profondeur voulue sans devoir nager constamment. Elle se comporte à la manière d'une bouée que l'animal pourrait gonfler à sa convenance. Pour avancer et se maintenir en équilibre, le poisson utilise ses nageoires. Une fois mort, c'est sa vessie natatoire qui le fait flotter le ventre en l'air.
Le chabot est une exception: ce poisson vit constamment posé sur le fond, se glissant d'une cachette à l'autre. Devenue inutile, sa vessie natatoire a disparu au cours de l'évolution.

UN UNIVERS LIQUIDE Le poisson naît, vit et meurt dans un monde qui nous est totalement étranger, un monde fluide où la pression varie et où le voyageur reconnaît sa rivière à l'odeur.

Documents conçus avec l'aimable concours de la cigale et de la Salamandre.

Les abords de la Superbe sont un marais temporaire qui présente peu d'intérêt pour la population locale, les rives sont embroussaillées et peu praticables : sur Saint Saturnin, il y a deux pêcheurs officiels. Les cultivateurs délaissent ces terres incertaines et pas d'industrie proche. La Superbe est donc relativement protégée de la pollution et donc bien poissonneuse.

« OU L'HOMME EST ABSENT , LA BIODIVERSITE SE MAINTIENT »

Une chauve souris rare, le vespertilion de Bechstein et cinq espèces d'oiseaux nicheurs d'intérêt communautaire sont recensés ainsi que 16 plantes très rares et menacées.
Ajoutons la présence de quelques cigognes qui essaient de s'installer chez nous malgré la malveillance de certaines personnes.
Quelques buses variables, busards des marais et des éperviers viennent réguler la forte présence de divers rongeurs et il est regrettable que des chasseurs inconséquents éliminent ses oiseaux qui sont nos alliés dans la lutte contre les « nuisibles ».

« PROTEGEONS CE PATRIMOINE »

La Superbe a un niveau d'eau très variable ; elle traverse des bois et la chute d'arbres dans son lit provoque parfois des inondations en amont. La Superbe se jette dix kilomètres plus loin dans l'Aube, rivière au fort débit. Quand le niveau de l'Aube s'élève, la Superbe ne peut plus s'écouler normalement et elle se répand dans le marais. Ce phénomène permet de fertiliser les rives de la Superbe. Nous vous présentons ici la Superbe dans tous ses états ;
-on découvre le lit de la rivière pendant les périodes de fortes sécheresses,cet évènement s'est produit deux fois pendant les cinquante dernières années. Le fond est sableux, lisse et homogène. Sur les rives mises à nu, on peut alors observer les couches de tourbes accumulées au fil des ans.
-la rivière dans son état « normal »
-la rivière déborde et empreinte son grand lit.
-on peut déterminer les « point hauts » des terrains pendant les inondations.
-les anciens avaient creusé des fossés d'écoulement.

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